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Le filé pour l’abstrait

par | 6 juin 2019 | Article | 0 commentaires

« Tiger woods »

Dans le dernier article, je parlais du filé de mouvement, qui vise à renforcer l’effet de vitesse d’un sujet en mouvement. Ici, je souhaite aborder un autre aspect du filé : celui qui sert à l’abstrait. Il ne s’agit plus de suivre le mouvement du sujet, mais de créer son propre mouvement en suivant les courbes du sujet.

Mon goût pour la photographie abstraite est né de mon attrait pour la nature, et ma volonté de la faire parler autrement.

Si mes premières photographies abstraites ont été prises à partir d’éléments naturels comme l’eau, le feu ou la fumée, c’est lorsque je me suis tournée vers le filé d’arbres que j’ai développé une certaine fascination pour ce type d’images. Si d’autres éléments peuvent produire d’eux-mêmes un certain ressenti abstrait – car ils sont en mouvement et peuvent créer des formes incitant au rêve – les arbres, eux, ne produisent pas cette perception avec une prise de vue classique. Pour créer une photographie abstraite d’arbres, il faut réaliser un filé avec ces derniers.

« Bulle cosmique »

Voici un exemple de photographie abstraite réalisée à partir d’une goutte d’eau en suspension. Ici, il s’agit d’un figé : une vitesse d’obturation haute pour figer la goutte d’eau en l’air avant qu’elle ne retombe. Mais finalement, ce n’est pas la goutte d’eau que j’ai perçue. Les couleurs, les reflets et les formes générées par le mouvement de l’eau m’ont fait voir cette photographie autrement, avec un regard rêveur et poétique.

Voici ma technique.

Pour réaliser un filé d’arbres, il faudra suivre la courbe de ces derniers avec un mouvement du bas vers le haut, et, comme pour le filé de mouvement, une vitesse basse associée à un déclenchement au bon moment produira cet effet de filé recherché.

Afin de bien suivre la courbe des arbres, mon mouvement du bas vers le haut est plutôt lent, et je le répète plusieurs fois avant de déclencher, pour que mes bras retiennent le mouvement et que mon alignement reste bien droit. Afin d’avoir un joli filé et non juste un flou, je baisse ma vitesse d’obturation entre 1/4 et 1/10La vitesse d’obturation est dépendante de votre vitesse de mouvement. Si un mouvement trop rapide est associé à une vitesse d’obturation trop élevée aussi, le filé ne sera pas assez marqué et le résultat donnera une sensation de flou de bouger.

Pour compléter votre triangle d’exposition, à vous de juger la lumière extérieure. Par contre, tâchez de baisser au maximum votre sensibilité ISO afin de ne pas dégrader votre image finale.

J’utilise le mode de mesure évaluative (matricielle chez Nikon), afin que mon appareil mesure la luminosité sur l’ensemble de l’image, et que ma photographie finale soit correctement exposée en tout point, sans qu’aucune zone ne soit ni surexposée ni sous-exposée. Attention cependant à ce que votre image n’intègre pas (ou très peu) de zone du ciel : en effet, celle-ci risque d’être un peu surexposée puisqu’en contraste avec la lumière plus faible captée en pleine forêt.

Je recommande donc de faire ce type de prises de vue dans des forêts denses qui laissent peu apparaître le ciel.

Cependant, il est possible de rattraper de petites zones un peu surexposées en post-traitement, comme je l’ai fait pour certaines de mes photographies. En effet, quelle que soit ma position dans la forêt, la finesse des pins des Landes laissaient toujours entrevoir un bout de ciel. C’est pourquoi je conseille de toujours shooter en format RAW, qui vous permettra de récupérer plus d’informations qu’un format JPEG, et de transformer un petit bout de photo cramé en petit bout de ciel bleu apparant. Pour cela, je baisse les hautes lumières et corrige légèrement le voile (sur Lightroom) afin de faire réapparaître la couleur initiale du ciel. Forcément, en forêt dense, vous n’aurez pas ce problème.

Je commence toujours mon mouvement du bas vers le haut, afin que ma base de départ soit le sol, et qu’ainsi mon mouvement ne monte pas trop vers le ciel. De plus, le sol offre beaucoup plus de couleurs qu’un ciel risquant être cramé (donc blanc). Je répète mon mouvement 2 ou 3 fois avant de shooter. Comme pour le filé de mouvement, il est important de poursuivre son mouvement même après avoir déclenché afin d’avoir un beau filé.

Cet exercice est fatiguant, surtout si vous vous amusez à le réaliser avec un objectif lourd (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? 😉). Pour ma part, j’ai pris mon objectif macro, pour avoir plus de détails sur les arbres. Au bout de 4h accroupie à la cime des arbres, à suivre le mouvement des arbres lentement, appareil à bout de bras, ces derniers ont commencé à faiblir, et à trembler irrémédiablement. Et c’est à ce moment-là que j’ai réalisé mes deux photos fétiches de filés d’arbres :

« Forest painting »

« Forest dreaming »

Mon mouvement saccadé et tremblant a créé une sensation de coups de pinceaux sur ma photographie. On pourrait presque croire à une peinture à l’aquarelle !

Moralité de l’article : la fatigue fait parfois ressortir le meilleur de la créativité ! 😅

Et comme pour tout, il faut tester, rater, réessayer et trouver enfin les réglages qui nous correspondent, et qui nous permettront de montrer ce que l’on voit.

Vous souhaitez plus d’informations ? Vous avez des questions ? Ou simplement envie de partager votre expérience ? N’hésitez pas à commenter l’article ou à me contacter directement !

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